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La petite histoire du film

...et quelques chiffres

Pour ceux qui s'intéressent aux coulisses d'une production documentaire, voici quelques détails qui offrent une perspective particulière sur ce projet, de son origine à sa complétion en passant par quelques pirouettes propres au cinéma d'auteur.

Nombre d'heures de matériel tourné:  22 heures, 42 minutes et 48 secondes

Durée totale du film: 106 minutes, soit une heure quarante-six minutes


Les dates de tournage: 31 octobre 2021 (en pleine pandémie de COVID19)  au 6 juin 2024

Parité des poètes: six femmes et  six hommes

Les lieux de tournage: Montréal, Sainte-Pétronille ïle d'Orléans, Saint-Basile-le-Grand, Pont-Viau (Laval), Outremont, Saint-Alphonse-Rodriguez, Ekuanitshit (Longue-Pointe-de-Mingan)

Le montage: sur Final Cut Pro pendant un an (novembre 2024 à novembre 2025) ou environ 150 heures à distance (Saint-Philémon, Montréal et Hudson) via la plateforme Zoom

Le matériel: Deux caméras Canon C-300 avec différents objectifs, micros Lavaliers filaires, micro perche, éclairage minimal, plusieurs cartes mémoires, quatre disques durs SSD externes OWC de 4To, quelques disques durs de transports. Correction couleur avec Da Vinci Resolve à la Film Factory Montréal, corrections dialogues chez Premium Sound et mixage à l'Office National du Film dans la magnifique salle Colin Low
 

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La douzième (et dernière) version de l'affiche du film,
créée par l'artiste Louise Marois (Studio T-Bone)

Origine

Vincent Lambert, écrivain-poète et enseignant, caressait depuis un certain temps le projet de capter les voix et les témoignages de quelques poètes francophones importants, avec l'idée de créer une œuvre de mémoire qui pourrait aussi avoir un usage académique. Michel Chauvin, retraité vétéran de la production cinématographique au Québec, séjournait souvent dans sa maison d'Armagh dans Bellechasse, un village voisin de celui Saint-Philemon où habitait Vincent. ​La conjointe de Michel était la tante de la conjointe de Vincent, d'où la connexion. Vincent fit part de son projet à Michel qui se dit non seulement intéressé mais également tenté d'en faire un vrai petit film, pourquoi pas! Un pas de plus fut franchi lorsque Vincent attira Jean-Philippe Dupuis qui, loin de se faire prier, s'enthousiasma dès le départ pour le projet. Jean-Philippe, avec qui Vincent avait échangé dans le passé lors de colloque ou de lectures, avait à son actif un court documentaire sur Saint-Denys Garneau qui avait remporté le prix du "meilleur film Canadien" au FIFA de 2003. Ce poète publié se doublait d'un caméraman habile qui devenait d'emblée le directeur-photo du le tournage.

Démarrage

En consultation avec Jean-Philippe, Vincent a élaboré un choix de poètes que nous espérions rencontrer. En parallèle il fallait trouver un peu de financement pour le film malgré l'apport de Michel et de Jean-Philippe en termes d'équipement techniques. Sous le nom de Vincent, une demande de bourse fut faite auprès du Conseil des Arts et Lettres du Québec. De riches curriculi et nos accomplissements passés facilitèrent sans doute l'obtention d'une première contribution venant du Conseil des Arts et Lettres du Québec (CALQ). Un chèque de quarante-cinq mille dollars aboutit chez Vincent en juillet 2021. Montant relativement élevé mais malgré tout insuffisant pour produire un véritable projet de tournage documentaire. Pourtant, c'était assez pour que nous démarrions le projet avec une confiance certaine dans la suite des choses. Au départ, il nous fallait établir une procédure, une approche particulière, avec nos deux caméras et la place de Vincent dans le rôle de l'intervieweur. Par prudence, nous avons d'abord choisi de tourner une session "test" avec le camarade de Michel, Marc Sévigny, qui avait déjà publié et qui s'est volontiers prêté à l'exercice en jouant le poète interviewé, à Hudson au début d'octobre 2021. Passage obligé, en quelque sorte, pour des partenaires qui n'avaient jamais opéré ensemble et encore moins sur un tel projet.

On tourne

Fort de nos assises et de la notoriété de Vincent auprès de certains des poètes contactés, nous avons d'abord tourné chez Pierre Nepveu à la fin du mois d'octobre 2021, suivi d'un entretien chez Fernand Ouellette - qui avait d'abord refusé de nous rencontrer - en décembre de la même année. C'était parti, nous étions "rodés". Sont apparus par la suite devant nos caméras, la poète Denise Desautels en janvier 2022, Pierre Morency, à l'île d'Orléans, en mars 2022., Nicole Brossard et Rodney Saint-Éloi au mois d'avril 2022, Carole David au mois de juin et Louise Warren, à Saint-Alphonse de Rodriguez au mois de juillet de cette année-là. Donc une année très bien remplie, mais où le mois d'octobre nous annonçait le décès de Jacques Brault, un poète que Vincent tenait beaucoup à rencontrer dans le cadre de notre documentaire. La disparition de Michel Garneau en septembre 2021 avait également attristé Vincent qui aurait bien aimé l'intégrer au film. Toujours en 2022, une demande de bourse, faite auprès du Conseil des Arts du Canada, nous a été refusée. Tenaces, notre deuxième candidature - grâce au précieuses recommandations de Louise Warren - fut acceptée. Un chèque de cinquante mille dollars aboutit chez Jean-Philippe au début de 2023.Encouragés par la tournure des événements,nous avons pu tourner avec Louise Dupré en février, tout comme avec  José Acquelin, en mars de cette année-là. Quant au tournage avec Rita Mestokosho, pour une question de disponibilités, ce n'est qu'au bout de multiples et persévérants échanges avec Vincent que nous avons pu prendre la route vers Ekuanitshit sur la Côte Nord, pour la rencontrer au début de juin 2024.

Suite et fin

Avec ce dernier morceau de casse-tête inséré dans le projet, nous pouvions enfin envisager un dépouillement et un choix de séquences plus pertinentes pour l'ensemble du film. D'abord tirer l'essentiel du témoignage de chacun - suivant un consensus parfois difficile à obtenir - et réduire ensuite cet essentiel en le délestant de certains bijoux (en grimaçant) pour ne garder que ce qui permet un espèce de fil conducteur lié à une couleur d'ensemble. Cela s'apparente, à posteriori, à élaguer et faire le montage d'un poème ...comme en parle José Acquelin dans le film. Nous nous sommes permis de montrer un montage préliminaire à quelques connaissances èparses pour ensuite modifier un peu l'allure du film au gré de leurs remarques.  Restait la finition de ce long métrage qui nous entraînait dans un monde que nous ne connaissions que peu vu sa très rapide évolution dans la dernière décennie. Les contacts que Jean-Philippe et Michel avaient gardés dans le monde du cinéma se sont avérés extrêmement utiles et ont permis - avec leur acceptation de notre modeste budget - de mener le projet un peu plus loin ...jusqu'à ce que l'Office National du Film, par son volet Aide au Cinéma Indépendant Canadien, accepte de faire le mixage final du film. Ensuite? On répond à un appel de film du Festival International du Film sur l'Art et on se croise les doigts pendant plusieurs semaines. Au début de janvier 2026, surprise, on nous annonce que le film est sélectionné par la FIFA pour son édition de Mars. La suite, nous continuons de la vivre...

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